______Début 2006. Un blog, une chanson. Les ex-Devilish, depuis peu appelés Tokio Hotel. J'étais gamine, je n'arrivais même pas à retenir leur nom et leur tête. Des chansons envoyées vite fait sur mon mp3, une attirance inexplicable. Après ça je suis partie deux semaines en vacances. Durch den monsoon, Rette mich, Schrei, Schwarz, Ich bin nicht ich. Cinq chansons qui chaque jour retentissaient dans ma tête. Le début d'un amour surdimensionné. Le début d'une grande folie. Le début d'une fan. Lacanau en est le témoin. Dans la résidence je chantais Rette Mich à tue-tête. Les gens m'aimaient bien, j'étais chou. Et même si je n'y connaissais rien, c'était le bonheur. Puis c'est devenu dingue. Pas un jour passait sans que j'écoute. Der Letzte Tag, mon coup de coeur. Des étoiles dans les yeux en permanence. De plus en plus de posters sur les murs de ma chambre. Le CD. Des forums visités tout les jours, de nombreuses lectures de fictions. Toujours à l'attente du moindre article de presse sur eux. Le 1er concert en France. Un concert où j'ai failli aller. Failli. Novembre 2006. Je collectionnais tout sur eux. De la moindre phrase dans un magasine à la carte postale. Un Dvd. Des amis sur le net. Des amis qui partageaient la même passion. Puis, la vague a déferlé. Décembre 2006. Le début de la fin. Un succès grandissant. De nouveaux concerts prévus. Un intérêt nouveau pour les jumeaux. Des gamines complétement dingues. Une réputation de plus en plus mauvaise. Des couvertures de magazines. Le désastre total. Le sentiment qu'on s'accapare ce qui nous appartient. Avril 2007. La pire période que j'ai jamais vécu. Encore des concerts, mais pas pour moi. Autorité parentale. Renfermement sur soi-même. Image. L'image du tout-va-bien. Alors que c'était tout le contraire. Des larmes. Beaucoup de haine. Mes parents ne comprenaient pas. J'étais perdu. Mais il restait leur musique. Leur chansons m'ont sauvé. Ich bin da , Vergessen Kinder et autres. Été 2007. Un break. Juste parce que j'étais détruite. Il fallait que je m'éloigne. C'était inévitable. Une sorte de cure de désintoxication. Puis la rentrée. Un nouveau départ. Une nouvelle vie. Je n'assumais plus. Je me contentais d'écouter, parce qu'il n'y a que la musique qui compte. Nouveaux amis. Nouveau contexte. Personne ne savait. Personne. Et personne ne devait savoir. On ne se vante pas d'aimer Tokio Hotel. 23 octobre 2007. Le plus beau jour de ma vie. Un électrochoc. Mon premier concert au bout d'un an et demi. Je ne pourrais jamais décrire la foule de sentiments qui m'a assailli. J'ai pleuré de joie la moitié du concert. Ça restera gravé. Décembre 2007 je retombe dedans. Je retrouve un bon équilibre, je vais bien. Je vis dans l'espoir de les revoir. Personne n'est au courant. Une nouvelle année commence. J'me dis que ça fait déjà 2 ans que tout a commencé. Je ne parle plus de cette passion qu'à ceux qui la partage avec moi. J'ai bien compris que les autres ne pouvait pas comprendre. Deux personnalité fondées. C'est fun je ne m'en plains pas. Ils deviennent superficiels mais tanpis. Nouveau Dvd. Avril 2008. Bill a des problèmes de voix et le groupe n'est pas en forme. Inquiétude. Et c'est là qu'on se rend compte à quel point tout est fragile. Tout peux sombrer en quelques secondes. Parc des Princes annoncé. Un rêve qui s'encre dans ma tête. L'autorité parental et toujours là et j'espère. L'espoir qu'ils m'offriront le plus beau des cadeaux d'anniversaire. Promos aux USA . Leurs chansons n'ont plus aucunes valeurs, en anglais. Le groupe reprend trop vite les concerts. Rumeurs sur Gustav. Je m'inquiète toujours plus. Toujours et encore un petit peu plus. Les conneries telles que la sur-commercialisation me passent au dessus. Maintenant il n'y a plus que leur bonheur, leur santé et leur musique qui compte. Je vais toujours bien. Malgré quelques périodes de déprimes. C'est comme ça quand on aime trop. Juin 2008. J'ai ma place pour le Parc des Princes. Des larmes de bonheur, grâce à des gens qui se reconnaitront. Et ça recommence comme en octobre 2007. Un second électrochoc. J'ai pleuré comme une madeleine en essayant de profiter au maximum. Ils me paraissent tellement irréels.. Aujourd'hui j'en suis là. Mon histoire ne fait que continuer tranquillement. Cette histoire est ici résumée, croyez moi. L'histoire d'une fan, au plus réel de son terme. Aimer à en crever. Un peu plus de deux ans que ça dure. De toute façon, je suis tombée dedans, je n'en sortirai pas.
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